02 janvier 2008
Déserts culturels

Déserts culturels : qu’est-ce donc ? Chacun peut en définir le sens et la portée. Mais attachons-nous, dans ce court texte, à débattre sur les déserts culturels dans le sens d’acquis et d’entretien de ces acquis.
Aujourd’hui, chacun de nous peut faire un constat simple : le consumérisme est LE système dominant des pays occidentaux. Tout le monde peut consommer tout et n’importe quoi et ce consumérisme est entretenu par une publicité permanente. Mais TOUT peut-il être consommé ? Le revers de cette orientation est que chaque objet, chaque création, chaque lien est considérée comme un bien consommable : on consomme des relations sociales comme on consomme des marchandises, on consomme de la croyance comme on consomme une coupe de cheveux. Les livres, les pièces de théâtre, les disques ne sont-ils pas devenus des biens culturels pour les économistes.
Au-delà de cela, nos comportements ont changé. Cette consommation effrénée fait des citoyens que nous sommes des consommateurs exigeants. Peu de gens – voire personne - ne prend plus la peine de réfléchir, d’observer, d’analyser. Tout doit être à portée de main. Tout doit être facile d’usage. Certes, ne nions pas l’évidence, il est agréable d’utiliser un téléphone en utilisant trois touches uniquement. Mais est-il utile qu’un film soit facile à comprendre, qu’un livre soit écrit familièrement pour pouvoir être lu. La liste pourrait être longue.
Combien de personnes refusent de lire un livre parce qu’il est « gros », écrit en « tout petit ». L’histoire peut être passionnante mais qu’importe ! Le livre fait quatre cents pages et cela devient une corvée pour certains. Mais il existe des exceptions comme par exemple Les bienveillantes de Jonathan Littell qui est un roman de neuf cents pages et qui s’est bien vendu. Ou bien L’élégance du hérisson de Muriel Barbery. Et bien d’autres encore. Mais d’autres pensent également que les bibliothèques doivent être fournies de livres dits érudits pour simplement afficher une image. On place des livres dans une bibliothèque pour épater. Epater les amis, les invités, épater les gens de passage et peut-être même s’épater soi-même.
Cette facilité d’usage, cette exigence des gens qui pourraient paraître, aux premiers abords, intéressante, jouent contre eux. Les citoyens que nous sommes se font infantiliser dans un environnement poussé par l’individualisme qui devient de plus en plus de l’hédonisme vulgaire. De cet infantilisme, de cet hédonisme vulgaire, des déserts culturels se créent. On ne cherche plus la complication et la difficulté et lorsqu’une difficulté apparait dans ce monde devenu stérile, alors cela devient une source d’angoisse. Un bruit trop fort, une personne qui crie, une panne de matériel deviennent des évènements et non plus des faits.
Cette extrême sensibilité de la société empêche aux citoyens de se poser puisque tout est un évènement. Si tout doit être facile, pourquoi prendre le temps de lire un livre puisque la télévision nous offre des programmes rapides et simples, pourquoi prendre le temps de réfléchir puisque des solutions nous sont apportées sur un plateau.
Petit à petit, la culture – et notamment la littérature – se limitera à du « prêt-à-lire» sans réflexion par exemple.
Mais restons optimistes : des centaines de livres sortent tous les ans, des milliers de gens écrivent à la recherche d’un éditeur. Que ce soient des romans, de la poésie, des essais. Toute cette énergie ne peut que tirer les gens vers le haut pour le bien de la société. Il faut faire face à ces déserts culturels qui se créent d’année en année et ne pas laisser le champ totalement libre au consumérisme et à l’hédonisme vulgaire.
N’oublions pas qu’une société qui réfléchit est une société qui avance.
Meilleurs vœux à vous et vos proches.
Mathieu Dufain
14:20 Publié dans Parlons-nous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Déserts culturels, littérature, poésie, consumérisme, hédonisme, Les bienveillantes, Jonhatan Littell
17 décembre 2007
Les cultures ne s'opposent pas
Il y a quelques semaines, l’édition européenne du Times nous prédisait la fin de la culture française. Diable ! Quelle prophétie.
Mais étudions le problème dans un ordre cohérent. Tout d’abord la définition.
Pour le mot CULTURE, il peut exister des centaines – voire plus – de définition du mot. Contentons-nous de prendre la définition que nous donne l’UNESCO :
« La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l'être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances.
Au plan individuel, la culture est l’ensemble des connaissances acquises, l’instruction, le savoir d’un être humain.
Au plan collectif, la culture représente également l’ensemble des structures sociales, religieuses, etc., et les comportements collectifs tels que les manifestations intellectuelles, artistiques, etc., qui caractérisent une société. »
Voilà ! Le mot CULTURE est posé. A présent, posons quelques questions que nous induit le journal Times et relevons quelques postulats :
- La culture d’un pays ou d’un continent doit-elle être dominante ?
- Les cultures diverses doivent-elles forcément s’opposer l’une à l’autre ?
- La culture institutionnelle est une chose, la culture individuelle une autre.
- Y a-t-il des cultures majoritaires et des cultures minoritaires ?
De tout cela, nous pouvons en extraire quelques conclusions :
Qu’un pays dont l’objectif est d’imposer sa culture est-il vraiment respectueux de la culture d’autrui ? Certes non, les cultures ne sont pas remplaçables les unes aux autres, chaque culture évolue, progressent, voire disparait.
Opposer une culture à une autre ne sert à rien. Quand Phillip Roth publie en France Un homme, personne ne pense que nous sommes envahis par la culture littéraire des Etats-Unis. Beaucoup pensent que c’est un livre magnifique.
L’article de Times a pour propos uniquement la culture institutionnelle. C’est oublier que des milliers de personnes écrivent des poèmes, rédigent des manuscrits, composent de la musique, mettent en scène des pièces de théatre, etc … La culture est un tout et ce tout n’est rien sans les gens qui le font vivre.
Aucune culture n’est majoritaire ni minoritaire. Imaginons un instant que le monde ait été uniformisé dans sa culture. Et puis, là, au fond d’un pays dont l’endroit n’est connu que de peu de gens, un groupe d’hommes et de femmes danse différemment, écrit d’une certaine façon, enterre ses morts autrement, quoi de plus naturel que la nature humaine soit différente d’un point à autre.
Les cultures ne s’opposent pas, elles se complètent.
Mathieu DUFAIN
10:10 Publié dans Parlons-nous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : culture, débat, Times, dufain
08 décembre 2007
Bienvenue à vous
Bienvenue à vous. Je suis heureux de vous accueillir sur cet espace de discussions et d'échanges. Le roman et la poésie sont le fil conducteur de cet espace. On dit souvent que les écrits permettent de cicatriser des plaies mal refermées, des plaies douloureuses. Certes. Mais la littérature permet avant tout d'écrire tous les romans, tous les contes, tous les poèmes avec toutes les histoires possibles. L'imagination peut créer beaucoup et sans limites. L'unique obstacle à la concrétisation de cette imagination est la réalité physique de la vie.
La littérature permet le recul et la passion mesurée. Cet espace de discussions et d'échanges vous permettra de connaitre mes ouvrages. Que ce soient les romans ou bien les recueils de poèmes.
Les nouvelles technologies permettent de grandes choses. Et notamment le fait de pouvoir faire connaitre ce que l'on fait, ce que l'on écrit, ce que l'on pense. Tant pour soi-même que pour autrui. La critique ne pouvant être que constructive. Internet fait donc parti de ces outils des nouvelles technologies qui permettent la libre discussion dans le respect de chacun.
Cet espace est présent pour cette raison. En espérant qu'il permettra à chacune et à chacun de répondre à vos attentes et à vos questionnements.
Mathieu DUFAIN
12:55 Publié dans Parlons-nous | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, livres, roman, poesie









