18 janvier 2008
Le dormeur de la Concorde
Un homme est mort de froid sur la Place de la Concorde il y a un mois, le jeudi 20 décembre dernier. La mort de cet homme est indigne de la France tout comme les nombreuses morts de sans-abris qui se produisent depuis tant d’années.
La France est un pays riche mais elle est un pays qui s’égare. Ces priorités sont devenues différentes. Cet homme n’aurait pas dû mourir.
Ce poème est dédié à toutes les morts précoces ainsi qu’à Arthur Rimbaud, l’inspirateur.
LE DORMEUR DE LA CONCORDE
A Arthur Rimbaud
et à toutes les morts précoces
C’est un coin fermé de verdure où bruit la ville
Où bancs publics et fleurs amènent discrétion
Et sérénité ; où la nuit froide, depuis le pyramidion
Domine : c’est la ville lumière tranquille
Un homme allongé, bouche fermée, mains serrées
Et le corps étroit, droit et baignant dans le froid
Dort ; il est couché sur sa palette de bois
Pâle dans son lit nu où la nuit s’est bordée
Les mains scellées et glacées, il dort. Raide comme
L’est un bout de bois sur le sol, il fait un somme
Pollution, tiédit-le de ton poison inique
Les polluants ne font pas secouer sa poitrine
Il dort frappé de froid, les lèvres assassines
Tranquille. Il garde une rigueur cadavérique
Mathieu DUFAIN
© Mathieu Dufain, 2008
09:20 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poème, poésie, littérature, dormeur, Concorde, SDF, mort









