14 février 2008
La route de Cormac McCarthy
Une Terre dévastée avec comme paysage une route sans fin et de la cendre présente partout. Cette cendre tel un pense-bête pour ne pas oublier l’apocalypse qui s’est produite.
Deux individus sans noms : l’ homme et le petit. Le père et son fils. Tous deux vagabondent dans cette Terre dévastée ou la méfiance et la peur sont omniprésentes. Il n’y a pas d’avenir. Ou plus d’avenir pourrait-on dire pour l’homme et le petit. Ils marchent. Constamment et toute la journée sur une route. Lors des arrêts, ils vérifient que leurs lieux de pause sont en sécurité. Tout au long de leur périple, les deux personnages déambulent au milieu des ruines et des cadavres et tentent de survivre. L’homme et le petit traînent un caddie comme compagnon de survie et possèdent un révolver comme s’il était un protecteur. Du moins le croient-ils.
Sur cette Terre dévastée, il y a peu de monde. Une apocalypse s’est produite mais le lecteur ne saura pas ce qui s’est réellement passé. Les deux personnages sont sans noms et il n’est pas fait mention de la mère de l’enfant. L’homme, le père, se raccroche au petit et cet enfant n’a plus que son père comme seul repère.
Les dialogues sont simples et empreints de méfiance et d’insécurité. Les échanges entre le père et le fils demandent toujours un accord. Fût-il de façade. Le roman fait évoluer l’homme par utilité comme si un travail devait être achevé. L’enfant, lui, est plus « humain ». Notamment dans ces scènes ou il se préoccupe d’un autre enfant. Dans cette autre scène ou il se demande si un homme rencontré sur la route pourra manger le lendemain.
La route de Cormac McCarthy est un livre terrible sur la mort certes, mais avant tout sur l’isolement. Cet isolement qui, quoi qu’il arrive, amène à la mort. Quelle qu’elle soit. Alors que la nature humaine nous amène d’instinct à nous regrouper avec d’autres, le roman adopte le phénomène inverse : l’apocalypse a amené méfiance et défiance sur des individus qui s’isolent. Et cet isolement décrit avec talent par l'auteur nous permet d'être troublé d'émotion dans la dernière scène du roman. Une scène pleine de réalité et d'amour.
La route est à mettre en parallèle avec Un homme de Philipp Roth. Deux grands auteurs américains qui ont donc publiés, à quelques mois d’intervalles, deux romans sur la destinée de l’homme, son isolement, la solitude et la mort.
Mathieu Dufain
La route de Cormac McCarthy aux éditions de l'Olivier
10:25 Publié dans Critiques de livres | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : La route, Cormac McCarthy, roman, livre, mort, isolement, solitude
18 janvier 2008
Le dormeur de la Concorde
Un homme est mort de froid sur la Place de la Concorde il y a un mois, le jeudi 20 décembre dernier. La mort de cet homme est indigne de la France tout comme les nombreuses morts de sans-abris qui se produisent depuis tant d’années.
La France est un pays riche mais elle est un pays qui s’égare. Ces priorités sont devenues différentes. Cet homme n’aurait pas dû mourir.
Ce poème est dédié à toutes les morts précoces ainsi qu’à Arthur Rimbaud, l’inspirateur.
LE DORMEUR DE LA CONCORDE
A Arthur Rimbaud
et à toutes les morts précoces
C’est un coin fermé de verdure où bruit la ville
Où bancs publics et fleurs amènent discrétion
Et sérénité ; où la nuit froide, depuis le pyramidion
Domine : c’est la ville lumière tranquille
Un homme allongé, bouche fermée, mains serrées
Et le corps étroit, droit et baignant dans le froid
Dort ; il est couché sur sa palette de bois
Pâle dans son lit nu où la nuit s’est bordée
Les mains scellées et glacées, il dort. Raide comme
L’est un bout de bois sur le sol, il fait un somme
Pollution, tiédit-le de ton poison inique
Les polluants ne font pas secouer sa poitrine
Il dort frappé de froid, les lèvres assassines
Tranquille. Il garde une rigueur cadavérique
Mathieu DUFAIN
© Mathieu Dufain, 2008
09:20 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Poème, poésie, littérature, dormeur, Concorde, SDF, mort
14 janvier 2008
Un homme de Philip Roth
Lire un roman sur la mort – identifié à l'auteur pourrait-on dire - n'est jamais agréable. Un homme, de Philip Roth aux éditions Gallimard, est un livre noir, fataliste et qui décrit le côté le plus sombre de la vie : la longue déchéance vers la fin. La maladie, la mort, les mariages ratés, Philip Roth n'épargne rien. Les détails sont présents et l'auteur s'offre même le plaisir de décrire excellemment un enterrement.
Au-delà de la description des faits, l'auteur nous emmène vers des frontières que l'on explore difficilement soi-même. Sans véritables pensées profondes, le roman se laisse lire sans appréhensions aucunes et reste un bijou de la littérature.
Mathieu Dufain
Un homme de Philip Roth aux éditions Gallimard
22:35 Publié dans Critiques de livres | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Livres, Roth, roman, mort, maladie, Gallimard, Un homme
20 décembre 2007
Un homme est mort de froid en plein Paris
Un homme est mort sur la Place de la Concorde. Cela parait incroyable mais la mort de cet homme est indigne de la France tout comme les nombreuses morts de sans-abris qui se produisent depuis tant d’années.
La France est un pays riche mais elle est un pays qui s’égare. Ces priorités sont devenues différentes. Alors que les problèmes vitaux devraient être d’assurer les repas quotidiens et le logement, le pays s’égare dans des chamailleries puériles. Chacun et chacune jugera par lui-même.
Ne l’oublions pas, des hommes et des femmes meurent de froid dans notre pays.
Mathieu Dufain
22:35 Publié dans Actualités | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : actualité, SDF, mort, Paris, France









